Nous respectons votre vie privée

    Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience, analyser le trafic et personnaliser le contenu. Les cookies essentiels sont toujours actifs. Vous pouvez accepter ou refuser les cookies optionnels. En savoir plus

    Skip to main content
    Étude de cas

    Interview CMO — Ces 5 décisions qui ont divisé notre CAC par 3

    Sophie Laurent, CMO chez Maison Lune, raconte les 5 arbitrages qui ont fait passer le CAC blended de 68€ à 22€ en 9 mois. Méthodologie, erreurs, et ce qu'elle ferait différemment.

    CASE STUDYS
    Interview CMO — Ces 5 décisions qui ont divisé notre CAC par 3
    CC
    Clément Champault
    Co-fondateur, Social Pay
    4 avril 20269 min de lecture

    Sophie Laurent est CMO de Maison Lune depuis début 2023. En 9 mois — de juin 2024 à mars 2025 — son équipe de 4 personnes a fait passer le CAC blended de la marque de 68€ à 22€, à CA constant. Cet article retrace les 5 décisions clés qu'elle a prises, pourquoi, et ce qu'elle ferait différemment.

    Le contexte de départ

    En mai 2024, Maison Lune (bijouterie DNVB, 4M€ de CA annuel) est à un moment charnière : le CAC Meta vient de franchir les 70€, le ROAS stagne à 2,1×, et la marge opérationnelle s'érode. "On augmentait le budget Meta, et on ne voyait pas plus de ventes. On avait atteint un plateau", nous explique Sophie.

    L'équipe avait 6 mois pour réagir avant la tournée Séries B. Voici les 5 décisions qu'elle a prises, dans l'ordre chronologique.

    Décision 1 : arrêter d'optimiser le pixel, commencer à mesurer l'incrémentalité

    "La première décision — et sans doute la plus dure psychologiquement — a été d'arrêter de croire au pixel Meta. On a passé 2 semaines avec notre analyste à geo-lifter sur 4 régions : on a coupé Meta sur la Bretagne et PACA, gardé sur IDF et Hauts-de-France. Résultat après 4 semaines : le CA total avait chuté de seulement 18%, alors que le budget coupé représentait 47% de nos dépenses."

    Conclusion de Sophie : "Meta sur-attribuait, donc sur-facturait. Ce qu'on croyait incrémental ne l'était qu'à 38%."

    Première action concrète : renommer le KPI "CAC Meta" en "CAC Meta attribué" dans tous les reportings internes, pour forcer l'équipe à se poser la question incrémentale à chaque décision budgétaire.

    Décision 2 : activer le parrainage post-achat sur 100% du trafic

    "On avait un programme de parrainage classique depuis 18 mois : 6% d'adoption, des clients frustrés parce qu'ils devaient créer un compte séparé, et un IBAN à saisir. Ça ne servait à rien."

    L'équipe a installé Social Pay sur Shopify en 48h (KYB + config + test). Résultat après 30 jours :

    • Taux de partage post-achat : passé de 6% à 54%
    • Commandes parrainées : +187 par mois
    • CAC des commandes parrainées : 12€ (vs. 68€ sur Meta)

    "Ce qui a vraiment décidé mes équipes, c'est que le CAC parrainage n'était pas un 'potentiel' : c'était mesuré en dur, sur une cohorte de 187 commandes réelles, avec un ID de commande déterministe. Pas de pixel à croire."

    Décision 3 : réduire le budget Meta de 40%, redéployer sur 3 canaux

    "Après 2 mois de parrainage activé, on avait la preuve statistique qu'on pouvait réduire Meta. La vraie question c'était : réduire de combien, et où mettre l'argent ?"

    L'équipe a utilisé un simple ratio CAC/LTV par canal pour décider. Budget Meta : de 52k€/mois à 31k€/mois (-40%). Les 21k€ libérés :

    • +8k€ sur le parrainage (pour augmenter le taux de cashback de 5% à 7% sur les nouveaux parrainés, afin de booster le partage cascade)
    • +9k€ sur l'email marketing déclenché (plateforme + copywriter + A/B testing)
    • +4k€ sur le SEO éditorial (3 articles/mois signés par Sophie, qui ont généré 12% de trafic organique 9 mois plus tard)

    Décision 4 : structurer un "team CAC" transverse

    "La décision organisationnelle qui a le plus changé nos résultats. Avant, chaque canal avait son owner, et personne ne pilotait le CAC blended. Résultat : silos et arbitrages émotionnels."

    Sophie a créé un stand-up hebdomadaire de 20 minutes avec growth manager (Meta/Google), CRM manager (email/SMS), community manager (parrainage/influence), et le CFO. Un seul KPI affiché :CAC blended sur les 7 derniers jours, vs. cible.

    "Le fait d'avoir le CFO dans la salle a tout changé. Il posait les questions qu'on se posait pas : 'pourquoi tu dépenses 500€ en creas Meta pour 3 ventes ?' ou 'quel est le payback cohorte 90j sur ce segment ?'. On est passés d'une culture canal à une culture P&L."

    Décision 5 : publier nos résultats en externe (transparence radicale)

    "La décision la plus contre-intuitive. On a décidé de publier notre CAC, notre ROAS par canal, nos taux de partage, dans un rapport trimestriel ouvert (disponible sur notre site)."

    Les effets :

    • Recrutement : la marque a recruté 2 growth leads top-tier en 3 mois (ils avaient lu le rapport avant le premier entretien).
    • Communauté : +340 clientes ont rejoint le programme "ambassadeurs" officiel dans la foulée de la 1ère publication.
    • Presse : 4 articles dans la presse spécialisée sans RP payante.

    "En vrai, le risque était faible. Nos concurrents savent déjà combien on dépense sur Meta via les libraries d'ads publiques. Le vrai avantage concurrentiel, c'est la mécanique de parrainage et la qualité de la base clients. Ça, ça ne se copie pas en 2 mois."

    Les erreurs qu'elle aurait évitées

    Sophie pointe 3 choses qu'elle referait autrement :

    1. Le geo-lift test aurait dû arriver plus tôt. "On aurait dû le faire dès notre arrivée, pas attendre 12 mois. On a perdu 400k€ de budget Meta sur de la sur-attribution entre janvier et mai 2024."
    2. On a sous-investi l'email les 3 premiers mois. "On pensait qu'il fallait d'abord stabiliser Meta + parrainage, mais l'email était le canal avec le plus haut ROI marginal dès le début."
    3. On n'a pas assez impliqué le support client. "Nos agents étaient ceux qui parlaient le plus souvent aux parrains qui avaient un bug. On aurait dû leur donner un dashboard dédié dès le jour 1."

    La conclusion de Sophie

    "Diviser un CAC par 3 ne vient pas d'une seule silver bullet. C'est la combinaison de 5 décisions cohérentes entre elles, prises dans le bon ordre, avec une culture data-driven et un CFO impliqué."

    "Et honnêtement : la vraie bonne nouvelle, c'est que c'est reproductible. Toutes nos décisions sont documentées, tous nos KPI sont publics, et on partage nos templates à d'autres CMO qui nous le demandent. Le growth, c'est de l'ingénierie, pas de l'art."

    Cette interview est publiée avec l'accord de Sophie Laurent et de l'équipe Maison Lune. Les chiffres cités ont été audités en janvier 2026.

    Obtenez votre diagnostic CAC

    30 min avec un growth expert pour identifier les 3 fixes prioritaires sur votre stack.

    #CMO#Interview#CAC#Stratégie#Maison Lune
    CC
    Clément Champault
    Co-fondateur, Social Pay